Carrefour et Google :
un nouveau mariage de raison

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13 June
2018

Carrefour et Google, un nouveau mariage de raison

Dès 2019, les clients Carrefour pourront réaliser leurs courses alimentaires et non alimentaires en échangeant simplement avec Google Assistant, depuis leur smartphone ou l'enceinte connectée Google Home. Un moyen pour Carrefour de s'emparer du commerce vocal. 

(Auteur : Juliette Raynal)

Après Monoprix et Amazon, c'est au tour de Carrefour de nouer un partenariat stratégique avec un géant du numérique. Le distributeur, dirigé par Alexandre Bompard, a pour sa part choisi Google. Dévoilée lundi 11 juin 2018, cette nouvelle alliance s'articule autour de trois grands piliers : le développement de nouvelles expériences d'achats via Google Assistant, la création d'un laboratoire d'innovation commun à Paris autour de l'intelligence artificielle et le déploiement de la solution bureautique G.Suite auprès de 160 000 collaborateurs de Carrefour.

"D'ici début 2019, les utilisateurs français pourront effectuer leurs courses, dont les achats alimentaires, que ce soit via l’enceinte connectée Google Home, ou via l'Assistant Google depuis leur téléphone portable, ou enfin sur le Web via la nouvelle interface du site Google Shopping en France, et ainsi se faire livrer à domicile ou récupérer les marchandises en magasin", indique l'enseigne dans un communiqué de presse. Cette collaboration avec la firme de Mountain View n'est pas nouvelle pour Carrefour mais se retrouve approfondie. En effet, les possesseurs de l'enceinte Google Home pouvaient déjà créer une liste de courses, trouver une recette ou chercher l'emplacement d'un magasin Carrefour simplement par la voix.

S'IMPOSER SUR LE COMMERCE VOCAL

Cette relation renforcée n'est toutefois pas anodine. Selon Yannick Franc, directeur stratégie retail et e-commerce au sein du cabinet de conseil Equancy, ce partenariat stratégique est surtout un moyen pour Carrefour de s'emparer du commerce vocal.

"Le premier retailer qui s'associe à Siri, Alexa ou Google Assistant aura une prime au premier entrant car dans le commerce vocal, c'est la machine qui fera le choix du produit. Si vous commandez un pack de lait, la machine choisira automatiquement le produit en fonction de vos habitudes d'achats mais aussi le produit du distributeur dont l'infrastructure fonctionne le mieux avec la technologie. D'où l'intérêt d'aller le plus vite possible", analyse-t-il. "Monoprix s'est déjà lancé sur le commerce vocal avec Google Home. Carrefour n'est donc pas le premier, mais il vient de faire un pas", complète-t-il.

Carrefour ne fait-il pas entrer le loup dans la bergerie en s'associant de manière forte avec la firme de Mountain View ? Difficile de se lancer dans le commerce vocal sans partenaire technologique, répond l'expert. "Aucun distributeur ne dispose de sa propre enceinte. Et même si un retailer développait son propre dispositif, s'il est uniquement dédié à la réalisation des courses et ne permet pas d'opérer d'autres actions, cela représente un intérêt très faible. L'idée consiste donc à s'associer à des acteurs ayant développé des enceintes multitâches", explique Yannick Franc.

DES MARIAGES INÉVITABLES POUR GAGNER DU TEMPS

"De manière plus générale, les accords de partenariat entre distributeurs classiques et les grands acteurs du digital se multiplient car ils (les distributeurs, ndlr) ont besoin d'innover très rapidement. Beaucoup de retailers se disent donc qu'il vaut mieux collaborer avec eux (les géants du numérique, ndlr) plutôt que de disparaître à petit feu", poursuit-il. Avec le risque, en revanche, que ces GAFA deviennent un jour plus puissants que les acteurs historiques.

Toutefois, dans le cas de Carrefour et Google, Yannick Franc estime que le risque est limité car même si les transactions s'effectuent via les plates-formes du géant américain, Carrefour devrait accéder à la donnée dans la mesure où le client se connecte via son compte Carrefour.

"C'est aussi Carrefour qui se chargera de la préparation des commandes, qui opérera la logistique. Mécaniquement l'enseigne aura des informations. Carrefour ne confie pas les clés de son e-commerce alimentaire à Google. Il ne s'agit pas d'une association avec Amazon. Google ne dispose pas des mêmes infrastructures logistiques que la société de Jeff Bezos au niveau de la supply chain. Le risque est donc moins grand (que celui inhérent au partenariat Monoprix-Amazon, ndlr) même si on ne connaît pas encore le chemin que souhaite prendre Google", conclut-il.

De son côté, la firme de Mountain View réalise un joli pied de nez à Amazon, qui a donné la semaine dernière le coup d'envoi de son enceinte connectée Echo dans l'Hexagone avec son assistant Alexa. 

Source: usine-digitale.fr

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