Carrefour lance
son plan pour redresser ses hypermarchés français

Info Retailers

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30 May
2018

Carrefour lance son plan pour redresser ses hypermarchés français

Le distributeur, qui ambitionne de faire de l’hypermarché «un véritable lieu de vie», va repenser l’offre de ses grandes surfaces.

(Auteur : Olivia Detroyat)

Fin janvier, les patrons d’hyper Carrefour ont eu des sueurs froides en écoutant Alexandre Bompard, le nouveau PDG du distributeur, présenter son plan de transformation. Finies les rénovations d’ampleur pour relancer un format en perte de vitesse. Les investissements dans les grands paquebots seront plus sélectifs, la priorité du PDG allant à la transformation digitale de l’enseigne. Carrefour ne délaisse pas pour autant ses 247 hypermarchés tricolores, qui réalisent 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 23,5 % de son activité globale et 52 % en France. Après moults plans de relance et un retour à la croissance sous l’ère Plassat, ces grandes surfaces sont en rechute depuis dix trimestres.

Pour trouver une solution pérenne d’ici à 2020, Carrefour déploie une feuille de route ambitieuse. Le but: repenser le modèle «pour faire de l’hypermarché et de son écosystème un véritable lieu de vie», explique Alain Rabec, le directeur exécutif des hypermarchés en France. Alors que la rentabilité de ce format ne cesse de baisser, toutes enseignes confondues, Carrefour veut l’optimiser en réallouant les surfaces. Quatre espaces outlet (déstockage) de 600 à 1500 m2 ont été ouverts depuis un mois à Lomme, Nantes et Marseille pour écouler à prix cassés (30 % à 70 %) les invendus des rayons non alimentaires (textile, bazar, Hi-Fi).

Les mètres carrés seront pris sur ces mêmes rayons, au prix d’un toilettage de l’offre permanente. Le groupe espère ainsi à la fois créer du trafic en magasin et doper le chiffre d’affaires au mètre carré. «Les premiers résultats sur ces critères sont très satisfaisants. D’ici fin 2018, nous allons créer une douzaine de ces outlets», précise Alain Rabec.

Dans d’autres magasins, les mètres carrés seront rétrocédés aux galeries attenantes, gérées dans 50 % des cas par la foncière de Carrefour, Carmila. Les premiers projets devraient se concrétiser fin 2018. Ailleurs, un millier de mètres carrés insuffisamment exploités accueilleront des Promocash, le concept de grossiste alimentaire du groupe. Les réserves ne sont pas exclues de cette revue de détail, avec des drives «hybrides» testés à Chartres fin 2017, puis tout récemment à Vitrolles. Cette zone en réserve regroupe les stocks destinés à préparer les commandes Internet. L’organisation permet de doubler les capacités de commandes, à 300 par jour. Ce système baissant de 20 % à 30% le temps de préparation peut être à terme adopté pour plusieurs dizaines de drives, assure le groupe.

Approche locale

Au total, 100.000 m2, soit 5 % du parc total des hypers, changeront de fonction. «L’idée est de recentrer l’hyper sur ses atouts.» Un travail au cas par cas. «Nous privilégions l’approche locale pour trouver la meilleure solution. Le rôle du directeur de magasin est central dans cette approche.» Le groupe, qui travaille aussi sur l’essor des activités restauration et traiteur dans ses grandes surfaces, a ainsi fait entrer la maison Cellerier, une institution à Lyon, dans son magasin d’Écully.

Pour doper les performances et réduire ses charges, l’enseigne mise aussi sur la location-gérance. Ce système, qui a fait couler beaucoup d’encre, concerne pour l’instant cinq sites. Le test sera pour l’instant circonscrit à ce périmètre même si, à plus long terme, le groupe ne s’interdit pas cette option pour d’autres sites en difficultés chroniques. L’idée est de réinsuffler une dynamique par un commerçant indépendant plus impliqué et motivé.

Autre axe de travail: les services omnicanaux. «Nos magasins sont le socle de cette stratégie omnicanale», ajoute le responsable. Disponible dans tous les hypers, le retrait de colis sera complété par le retour colis. Toujours sur le non-alimentaire, le «click & collect» en deux heures sera opérationnel dans certains magasins fin 2018, et à terme sur l’ensemble du parc. Coté alimentaire, la start-up récemment acquise de paniers-repas QuiToque fera entrer ses offres dans plusieurs sites parisiens d’ici l’été.

La troisième transformation majeure concerne d’ailleurs l’offre alimentaire. Moteur de la fréquentation, les produits frais traditionnels (boulangerie, boucherie, pâtisserie…) sont au centre de toutes les attentions. «C’est le cœur de notre métier, nous avons lancé un très vaste plan de formation interne des équipes et des apprentis», appuie Alain Rabec. Le bio, un segment en croissance de plus de 10 % par an, vient compléter ces efforts. Une centaine de corners de produits labellisés AB ont déjà été déployés. À terme, tous les hypers en accueilleront un, dont un véritable «shop in shop» sur cinq allées dans le magasin de Chambourcy. «L’offre vrac y sera très conséquente, c’est un vrai marqueur du bio», conclut Alain Rabec. Tout comme les produits locaux, dont les producteurs les plus en vue ont été présentés la semaine dernière à l’ensemble des directeurs de magasin.

Source: bourse.lefigaro.fr

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