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Pourdebon : le plus grand marché virtuel de producteurs français, ou le pouvoir de la multicanalité.

Nicolas Machard © Pourdebon

Cofondée par Nicolas Machard et Cyril Schwartz en décembre 2016, la plateforme Pourdebon.com propose aujourd’hui 20 000 produits provenant de près de 600 producteurs et artisans, livrés à domicile partout en France. Après une année 2020 record, les achats en circuit court restent stables et résistent malgré l’inflation.

 

Vous venez de publier les résultats d’un baromètre avec l’institut de sondage KANTAR, sur les habitudes de consommation des Français en circuit court. Quelles en sont les principales conclusions ?

 

Nicolas Machard : Elles révèlent que dans une situation de crise, la cible des consommateurs qui achètent en circuit court reste fidèle à ce canal de distribution. Les Français interrogés sont en effet 61% à avoir déclaré qu’ils consomment des produits issus des circuits courts au moins une fois par mois. C’est exactement le même pourcentage qu’en 2022. 79% des personnes sondées ont indiqué avoir acheté en circuit court via des points de vente physiques (marché, magasins…) mais les applications et les sites de vente ont bénéficié d’une progression de +4% par rapport à l’an dernier. Des univers comme la viande et le poisson ont progressé.

Ce qui motive les Français pour acheter en circuit court ? Le goût et la qualité des produits pour 78% d’entre eux ; la préférence pour une production française a récolté 54% des réponses (+1 point vs 2022) ; et enfin, la relation de proximité avec le producteur, pour 52% des interrogés (+1 point vs 2022).

 

Comment a été accueillie la création de Pourdebon en 2016 ?

 

N.M : Durant la première année, très peu de maraîchers étaient présents sur la plateforme, mais on y trouvait beaucoup d’épiciers, d’éleveurs, de pêcheurs, de fromagers… Notre croissance était saine mais à partir du moment où nous avons intégré des maraîchers, à la fin de l’année 2017, notre audience et notre taux de conversion ont doublé. Nous avons alors développé le trio gagnant viande-poisson-maraichage. Notre croissance était à trois chiffres entre 2018 et 2019. Le confinement est arrivé et les commandes ont progressé de + 500 % en 2020. 

 

Comment s’est passée cette période si particulière ?

 

N.M : Beaucoup de producteurs, qui ont vu leur canal de distribution bouché et se sont retrouvés avec de gros stocks de produits, ont décidé de nous rejoindre. Grâce à Pourdebon, ils n’ont eu quasiment aucune perte de chiffre d’affaires durant le confinement. Une belle victoire pour moi qui crois en la multicanalité et qui milite depuis longtemps pour que les producteurs se digitalisent davantage. Une fromagère m’a dit un jour : « Durant mes études de commerce, on nous répétait souvent qu’il ne fallait jamais mettre tous ses œufs dans le même panier ; je n’ai jamais autant compris ce que ça voulait dire que durant le confinement ! ».

© Pourdebon

Les commandes explosaient, certes, mais vous avez aussi veillé à raisonner et accompagner les producteurs qui ont pensé que cette situation exceptionnelle pouvait durer…

 

N.M : Nous avons en effet dû freiner les élans des producteurs qui se sont mis à investir massivement dans les infrastructures, portés par les ventes colossales qu’ils faisaient sur Pourdebon. Nous les avons alertés sur l’après confinement. Quelques-uns ont surinvesti mais ont vu leur chiffre d’affaires décroître, comme pressenti. Nous essayons de les aider et de faire en sorte que les commandes sur la plateforme les aide à rembourser leurs dettes.

Depuis deux ans, Pourdebon réalise une croissance de + 1,5%, que nous souhaitons vraiment booster dans les années à venir.

 

Quel est le profil du client ou de la cliente Pourdebon ?

 

N.M : C’est une femme de 55 ans et plus, qui n’est pas parisienne. Et n’a rien de bobo. Elle a du temps pour cuisiner mais rencontre des difficultés pour trouver des produits sains et bons, reflétant la richesse de nos terroirs. Nos clients ont un certain pouvoir d’achat et une vraie conscience écologique, préférant privilégier le circuit court. Certains d’entre eux font également face à des problématiques de mobilité.

 

De nombreux clients recherchent sur la plateforme leur petite madeleine de Proust n’est-ce pas ?

 

N.M : Beaucoup de nos clients sont attirés par la variété de nos produits. Nous proposons actuellement plus de 20 000 références, ce qui fait de Pourdebon le plus grand marché qui puisse exister en France, et de loin. Cette offre pléthorique permet en effet de proposer de nombreux produits locaux qui ont une résonnance toute particulière chez certains de nos clients. Nous recevons tous les jours des messages réjouis de femmes et d’hommes qui viennent de recevoir la spécialité de la région de leur enfance. Les Bretons qui habitent dans les Vosges nous confient que jamais ils n’auraient imaginé un jour commander une langouste vivante en provenance de chez eux. Des vieilles grands-mères retrouvent des pis de vache, cet abas dont elles raffolaient étant plus jeunes et que leur boucher ne vend pas. Des exemples comme cela, nous en avons des dizaines et des dizaines.

 

Quels sont les prochains défis de Pourdebon ?

 

N.M : Nous recevons tous les jours des demandes de professionnels qui souhaiteraient commander de bons produits, en plus grande quantité, auprès de nos producteurs. Nous travaillons actuellement sur la mise en place d’une plateforme B2B, à destination des restaurateurs et des épiciers. Rendez-vous fin juin pour la découvrir !

L’année 2023 sera également celle du contenu. Nous allons multiplier la production de vidéos, de recettes, de tutos… pour valoriser tous les produits que les consommateurs ne connaissent pas forcément. Nous comptons également développer les partenariats avec des marques emblématiques comme Staub ou Le Creuset. Ces fleurons de l’industrie gastronomique française sont sensibles à notre approche et peuvent être l’un de nos porte-voix.

Pour aller plus loin :

Visiter le site Web de Pourdebon.

Découvrir leur compte Instagram.