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Shein produirait au moins 1 million de vêtements par jour, selon une ONG.

Shein produirait au moins 1 million de vêtements par jour, selon une ONG.

À la veille de l’ouverture d’un nouveau pop-up store en France, Shein se voit épingler par un rapport de l’ONG Les Amis de la Terre, selon lequel l’enseigne d’ultra-fast fashion produirait pas moins d’1 million de vêtements par jour émettant, par là-même, entre 15.000 et 20.000 tonnes de CO2 au quotidien. Un constat qui pousse l’association à demander une régulation stricte du secteur de la mode avec, notamment, un plafonnement du nombre d’articles produits chaque année.

 

Avec au moins 1 million de vêtements produits quotidiennement, Shein émettrait entre 15.000 et 20.000 tonnes de CO2 chaque jour. C’est ce que révèle ce jeudi une enquête menée par  l’ONG Les Amis de la Terre. Des volumes de production astronomiques, “900 fois plus importants” que n’importe quelle enseigne française, synonymes de désastre écologique, selon l’association qui préconise un “plafonnement annuel des mises en marché” mais également l’interdiction du modèle d’ultra fast-fashion,“reposant sur la mise en marché de plusieurs milliers de nouveaux produits par jour à des prix dérisoires”. 

Une demande de régulation stricte qui fait écho à la tribune, publiée dans Le Monde le 7 juin dernier par l’activiste Camille Etienne, le député européen Raphaël Glucksmann, l’entrepreneur et président de la Fédération du prêt-à-porter féminin Yann Rivoallan et la journaliste Victoire Satto, appelant à un “bouclier législatif et réglementaire” pour mettre un frein au modèle de l’enseigne chinoise de l’ultra-fast fashion, “qui nous conduit tout droit au désastre climatique” et derrière lequel “se cache un système d’exploitation d’une rare violence”. En parallèle, le mouvement Place Publique de Raphaël Glucksmann avait lancé le jour-même une pétition intimant le gouvernement d’agir “contre Shein et les ravages de la fast fashion”, dans le sillage d’une première pétition réclamant l’interdiction de la marque dans l’hexagone et qui a recueilli, à ce jour, plus de 200.000 signatures. 

 

Des conditions de travail déplorables et des produits potentiellement dangereux.

 

Cela fait maintenant plusieurs mois que Shein s’attire l’ire des défenseurs de l’environnement et des droits humains et que la marque se voit pointer du doigt, aussi bien quant à son impact sur l’environnement, qu’au regard des conditions de travail de ses ouvriers.  En octobre 2022, le documentaire Untold: Inside the Shein Machine de la chaîne britannique Channel 4, révélait notamment qu’au sein de ses usines, les journées de travail des employés pouvaient atteindre les 18h et que, ne bénéficiant que d’un jour de congé par mois, ces derniers devaient en outre travailler le week-end. En décembre, Shein s’était ensuite fait épingler par Greenpeace Allemagne en raison de la présence de produits chimiques potentiellement dangereux dans plusieurs de ses produits.

Pendant ce temps, le géant de l’ultra-fast fashion continue ses opérations de séduction sur le marché européen et notamment en France, avec l’ouverture régulière de pop-up stores dans l’hexagone. Prochaine ouverture : Toulouse, le 23 juin. En mai 2022, l’ouverture du premier magasin éphémère Shein dans la ville rose avait attiré les foules, générant une cohue monumentale à l’entrée du magasin. 

En sera-t-il de même cette année ? Probablement.  Et le fait que Shein puisse encore bénéficier d’un tel engouement en dépit de toutes les révélations dont il a récemment fait l’objet constitue, au fond, l’un des meilleurs arguments en faveur d’une régulation par le législateur.