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[Dossier] Les dirigeantes du retail #1 : On a lu “Patronnes”, d’Élodie Andriot.

patronnes
© Albin Michel

Les patronnes françaises sont (bien trop) rares. Et invisibles. En partant de ce constat, la franco-britannique Elodie Andriot a voulu leur consacrer un livre. 52 rencontres, 52 portraits de femmes qui ont tracé leur chemin pour devenir numéro une. Parmi ces dirigeantes, des patronnes évoluant dans l’univers du Retail.

 

Les femmes constituent 52 % de la population française, soit 2,2 millions de plus que les hommes. Pourtant, en 2022, elles ne sont que trois dirigeantes au Cac 40 : Catherine MacGregor chez Engie, Christel Heydemann chez Orange et Estelle Brachlianoff chez Veolia. Soit 7%. 

Parmi les 120 mastodontes tricolores, on trouve 18 dirigeantes. « Ces données ne sont pas sans rappeler la précarité des emplois féminins – en France, 60% des CDD et 83% des temps partiels sont occupés par des femmes – ni l’écart salarial de 17% qui semble stagner » déplore Elodie Andriot, en préambule de son ouvrage “Patronnes”, publié en octobre dernier aux éditions Albin Michel.

 

Dans le livre sont présentés 52 portraits de femmes “numéros unes”, âgées de 28 à 68 ans. « Une par pourcentage, pour que chaque française puisse se reconnaitre en elles ». 52 dirigeantes évoluant dans des univers aussi variés que la beauté, le sport, le luxe, la tech, la grande distribution, l’énergie, l’immobilier … « Patronnes est le mode d’emploi, sans langue de bois, inspiré par celles qui ont bel et bien atteint le sommet. »

 

Parmi ces 52 témoignages, ceux de Delphine Arnault, directrice générale adjointe de Louis Vuitton ; Cathy Collart Geiger, Présidente directrice générale de PICARD groupe ; Justine Hutteau, Co-fondatrice de Respire ; Pauline Laigneau cofondatrice de Gemmyo ; Carole Juge-Llewellyn à la tête de Joone ; Anne Leitzgen, présidente de l’entreprise Schmidt Groupe ; et Karine Schrenzel, cofondatrice et dirigeante de Shopinvest Group (3 Suisses, Rue du Commerce, Bijourama…).

 

« Être une femme cheffe d’entreprise reste, aujourd’hui en France, d’un exotisme absolu » : plusieurs raisons et quelques leçons.

 

Au terme de ces 52 rencontres inspirantes, Elodie Andriot tente de comprendre les raisons pour lesquelles les Françaises sont, en 2022, (toujours) si peu nombreuses à devenir patronnes. 

Les injonctions sur la maternité sont en partie responsables, ainsi que la problématique de vivier, en particulier dans les filières scientifiques. Il y a, aussi, l’impossibilité de se projeter en l’absence d’un role model ayant déjà débroussaillé la voie avant soi, l’autocensure — le syndrome de l’imposteur revient souvent lors des échanges —, et enfin un héritage patriarcal vieux de plusieurs millénaires.                                               

 

Malgré tous ces freins, certaines femmes sont devenues Numéro Une. Pour Elodie Andriot, six leçons ressortent des 52 témoignages qu’elle a récoltés :

  • L’antichambre du pouvoir reste souvent associée à la gestion d’un P&L. La main sur la caisse ;
  • Le réseau est primordial ;
  • Il y a, dans beaucoup de cas, une falaise de verre à gravir — concept consistant à accéder à un poste de direction associé à une grande prise de risque —. Des fonctions sur lesquelles les collègues masculins ne veulent pas se casser les dents.
  • Assumer une vision paritaire des revenus assumée et une certaine soif pour la réussite financière ;
  • Cultiver la certitude qu’il faut sans cesse apprendre (MBA, coaching, e-learning, cours du soir, certificats…) et que rien n’est jamais acquis ;
  • Se comporter comme la patronne avant même de le devenir, participer plus à la vie de l’entreprise que ce qui vous est demandé.

 

« Être une femme cheffe d’entreprise reste, aujourd’hui en France, d’un exotisme absolu, écrit Elodie Andriot. Atteindre la parité, c’est ouvrir la voie pour toutes les formes de diversité. Car l’enjeu du patronat de demain, c’est bien évidemment de représenter la société dans son ensemble ».